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Une petite recherche dans Google vous apprendra qu’il existe une abondance de sites qui abordent ce sujet.  Vous y trouverez certainement toute l’information pertinente pour apprendre les tenants et aboutissants de cette pratique.  Je vous invite d’ailleurs à vous rendre sur le site de Arnaud Frich, fouillé, très complet et surtout en français.

Mon propos ici se veut une présentation des éléments essentiels à connaître et des points de repère utiles à notre pratique de la photographie.

 

La gestion des couleurs pourquoi?

Dans le monde de la photographique numérique, on peut présenter le processus qui mène à une image finale de la façon suivante :

processus de la photo numérique

Chacun des appareils présents comporte ses propres caractéristiques de rendu de la couleur.  Les possibilités que le produit final soit plus ou moins éloigné de la réalité captée apparaissent donc assez élevées.  Heureusement, diverses solutions ont été développées pour compenser ces particularités. La gestion de la couleur assure la mise en œuvre organisée de ces diverses solutions et permet d’obtenir ainsi un résultat plutôt fidèle à la scène d’origine.

Reprenons notre schéma simplifié en tentant d’illustrer le phénomène. Pour faciliter cette illustration, nous utiliserons un gris moyen (128, 128, 128) comme source.

rendu des couleurs

 

Comme on peut le constater, deux maillons dans la chaîne nécessitent une plus grande attention.  Le premier, et peut-être le plus important, est de s’assurer de la concordance de l’image à l’écran avec le fichier d’origine. En effet, peu importe les efforts mis à assurer la plus grande fidélité possible aux différente étapes de post-traitement, si l’affichage est faussé, nous obtiendrons un résultat faussé.

Le second maillon se retrouve à la fin de la chaîne : la production d’un produit fini.  Dans le cas d’un tirage papier, les caractéristiques de l’imprimante, de l’encre et du papier utilisés font partie des paramètres dont tenir compte.

La réponse à ces distorsions est basée sur les profils couleurs. Leur rôle consiste à ajuster l’affichage des couleurs en fonction des caractéristiques propres à l’appareil auquel il est associé pour arriver à un rendu juste des couleurs par celui-ci.

rendu des couleurs avec étalonnage

 

 

Les profils

Profil d’écran

Comme je l’ai déjà indiqué, le fondement de tout l’édifice de la gestion de la couleur repose sur l’assurance de travailler avec un écran qui affiche le plus fidèlement possible les couleurs du fichier. Le calibrage et l’étalonnage de celui-ci devient donc un passage obligé. Pour le réaliser, il n’y a pas d’autre option que de faire appel à du matériel conçu à cette fin. Personnellement, j’utilise le matériel X-Rite (i1|display pro). Datacolor propose également de l’excellent matériel (série Spyder), mais à la durée de vie utile plus limitée. Cet exercice aboutit à la création d’un profil icm qui comporte les caractéristiques uniques de l’écran utilisé.

Ce profil est activé automatiquement par le logiciel utilisé. Voici comment s’assurer qu’il est bel et bien en fonction :

Sous Mac Os

Préférences Systèmes > Moniteurs, dans l’onglet Couleur

Gestion des couleurs Mac

 

Sous Windows

clic droit sur le bureau > Résolution d’écran > Paramètres avancés > Gestion des couleurs

Gestion des couleurs Win8

 

IMPORTANT

Ce profil est réservé strictement à la correction de l’affichage de l’écran et ne doit jamais être utilisé à une autre fonction ou par une autre application ou logiciel de la chaîne de gestion des couleurs. Il ne doit surtout pas être attribué à une photo. Dans ce cas, le résultat sera insatisfaisant à coup sûr!

Ces assises en place, nous pouvons maintenant nous consacrer en toute confiance à la joie d’optimiser le rendu de nos photos et nous diriger vers le produit final : le tirage.

Pour la plupart d’entre nous, nous disposons de deux options pour accomplir cette tâche : l’impression avec son imprimante personnelle ou l’utilisation des services d’un commerce.

 

Profil d’imprimante personnelle

Lors de l’installation des pilotes de l’imprimante, plusieurs profils de base sont fournis par le fabricant. Ils permettront d’obtenir un résultat satisfaisant avec les papiers génériques. Si vous optez pour des papiers spécialisés (Ilford, Hahnemühle, pour ne citer que ceux-ci), rendez-vous sur leur site respectif pour télécharger les profils à utiliser pour l’imprimante que vous utilisez.

Si vous désirez obtenir les meilleurs résultats possibles, certains services spécialisés peuvent générer pour vous un profil spécifique à la combinaison de votre propre imprimante et du papier que vous utilisez. Cette opération sera à renouveler si vous changez l’un ou l’autre, le profil d’impression obtenu étant spécifique à la combinaison imprimante ET papier.

Vous pouvez également faire l’achat de matériel dédié à cette opération.  Leur coût d’acquisition risque de vous faire sourciller et leur utilisation peut être assez laborieuse.

 

IMPORTANT : désactivez la gestion de la couleur dans le pilote de l’imprimante. Contrairement au profil d’affichage, c’est le logiciel qui doit gérer l’utilisation du profil d’imprimante.

Il y a donc deux paramètres à prendre en considération : le modèle de l’imprimante et le papier utilisé. La sélection du profil à utiliser se concrétise de la façon suivante :

Lightroom  (volet Impression) :

Impression avec Lightroom

 

Photoshop (menu Fichier > Imprimer) :

Impression dans Photoshop

 

Service d’impression commercial

Si vous préférez utiliser les services d’impression du commerce, vous devez alors créer un fichier du tirage souhaité (règle générale en format JPEG, mais certains services acceptent le format TIFF). Pour vous assurer d’une compatibilité maximale et un résultat le plus satisfaisant possible, attribuez le profil sRGB à la photo avec une profondeur de 8 bits.

Avec Photoshop, deux étapes précèdent l’enregistrement au format TIFF ou JPEG.

Vous devez d’abord vous assurer que l’image est bien en sRGB (menu Édition > Convertir en profil),

attribution d'un profil couleur dans Photoshop

 

 

 

puis que l’image est bien d’une profondeur de 8bits (menu Image > mode > 8 bits/couche).

 

Réglage mode 8bits dans Photoshop

 

Je vous invite à consulter mon tutoriel Préparer ses photos pour l’impression d’un tirage pour connaître la procédure complète.

 

L’espace couleur

L’utilisation des profils icc et icm constitue les fondations de la gestion des couleurs. Il nous assure une bonne fidélité de la reproduction des couleurs dans notre flux de travail. L’espace couleur auquel j’ai référé plus haut détermine quant à lui l’étendue de notre surface de travail.

Il existe plusieurs espaces couleur (L*a*b*, RGB, CYMK, etc..). Nous allons nous centrer sur les trois plus communs en photographie : le sRGB, le Adobe 1998 et le ProPhoto RGB.

Ce schéma reprend la façon traditionnelle de les présenter visuellement :

 

Espaces couleur RGB

 

Comme on peut le constater le choix de l’espace de travail aura une influence directe sur l’étendue des couleurs disponibles.

Avec Lightroom : aucun réglage possible ou nécessaire, il utilise son propre espace couleur, Melissa RGB, qui est une variante de ProPhoto RGB et il gère « à l’interne » le profil attribué s’il est présent dans un fichier photo. Par contre, il  peut être utile de spécifier dans quel espace colorimétrique il doit exporter le fichier d’une photo vers un éditeur externe (menu Préférences, onglet Edition externe).

Réglages des préférences de l'éditeur externe dans Lightroom

En ce qui concerne Photoshop cependant, ce réglage est très important et requiert d’être complété dès la première utilisation de ce logiciel. Pour réaliser l’exercice, accédez à la fenêtre Couleurs (menu Édition > Couleurs) et indiquez l’espace RVB (sRGB, Adobe 1998, ProPhoto RGB) qui doit être utilisé par défaut.  Je répète ma mise  en garde concernant le profil de l’écran : il ne doit pas être utilisé ici !

Menu Couleurs de Photoshop

Cette fenêtre comporte d’autres paramètres qui nécessitent votre attention.  Ainsi, en ce qui a trait aux règles de gestion des couleurs, choisissez :

RVB : Conserver les profils incorporés. 

Vous devez également indiquer à Photoshop d’ouvrir une fenêtre en cas de non-concordance des profils incorporés avec l’espace de travail par défaut ou de profils manquants (cocher Choix à l’ouverture dans les deux cas) pour vous permettre d’indiquer l’opération à réaliser à ce moment.

Les options de conversion vers des espaces couleurs plus restreints doivent également faire l’objet de vos soins.  Deux modes principaux sont à considérer parmi ceux disponibles : le mode perception et la colorimétrie relative.

Le mode perception opère une modification de toutes les couleurs pour offrir un rendu qui respecte les rapports entre les couleurs.  Il y a donc compression de l’espace plus grand.  Ce mode est très utile lorsque la photo comporte des couleurs très saturées.

mode perception

 

La colorimétrie relative se limite à une conversion des couleurs hors du champs de l’espace couleur de destination (hors gamut) à la couleur la plus proche dans celui-ci.  Il laisse donc intactes toutes celles qui étaient déjà incluses dans l’espace de destination.

Colorimétrie relative

 

Ce serait donc le mode à privilégier, particulièrement lorsque la photo comporte pratiquement toutes les couleurs imprimables (photos aux teintes pastel).

Toutefois, je crois que les deux options demeurent valables et que le choix devient dès lors une décision d’ordre esthétique.

 

 

Le format d’épreuve ou “print-proofing”

Lightroom (depuis la version 4) et Photoshop nous offre l’opportunité d’afficher un format d’épreuve.  Je vous propose ici une démarche pour maximiser les efforts déployés pour mettre en place une gestion des couleurs efficace.  Celle-ci repose sur la création d’une version maîtresse de la photo.  Lorsque vous êtes arrivé à un résultat qui vous convient, créez une copie de celle-ci (une copie virtuelle dans Lightroom).

Activez la fonction de format d’épreuve.  Il vous est alors possible, si nécessaire, d’apporter les corrections requises pour arriver à une reproduction la plus fidèle possible de l’image maîtresse.  Il ne vous reste plus qu’à enregistrer le fichier avec un nom descriptif pour sauvegarder cette version ajustée.

 

Lightroom  (volet Développement)

Cochez l’option Épreuvage d’écran et choisissez les paramètres appropriés dans les options qui apparaissent dans le volet de droite.

Active le format d'épreuve dans Lightroom

 

Photoshop

Menu Affichage > Format d’épreuve > Personnalisé… pour avoir accès à tous les profils disponibles.

Format d'épreuve dans Photoshop

Vous choisissez celui qui convient (règle générale, le profil de l’imprimante et du papier de destination- jamais celui de l’écran).

Personnaliser les conditions d'épreuvage

Je vous recommande de cocher les options de compensation du noir et de simulation de la teinte du papier.  Si vous utilisez souvent cette combinaison, enregistrez-là, elle deviendra disponible directement dans le choix offert par le menu.

L’affichage bascule automatiquement dans une émulation de ces conditions.  Pour le quitter, menu Affichage > Couleurs d’épreuve ou la combinaison de touche indiquée (ici Ctrl+Y sous Windows).

 

 

Et au moment de la prise de vue?

Prise de vue en format JPEG

Vous avez opté pour cette façon de procéder, ou votre appareil ne vous offre pas la possibilité d’enregistrer vos photos en format RAW ? Vous devez alors prendre le temps de bien soupeser les choix qui sont disponibles, car ils auront un impact décisif et définitif sur les étapes subséquentes en post-traitement.

L’espace couleur  (sRGB ou Adobe 1998).

La première décision à prendre est de choisir l’espace couleur à utiliser. Si vos photos sont destinées exclusivement à l’affichage sur un écran ou à l’impression de petit format (jusqu’à 12po X 18po) par un service commercial, le sRGB peut parfaitement convenir et offre l’avantage de la simplicité et du maximum de compatibilité.

Par contre, je vous recommande d’opter pour l’espace Adobe 1998, plus large, même s’il induit de porter une attention particulière à l’espace couleur attribué à la photo lors de la création de fichiers pour un service d’impression commercial. De plus, c’est un incontournable si vous envisagez l’impression de photos sur votre propre imprimante ou des tirages grand format.

La balance des blancs.

Réglage indispensable s’il en est un, on peut encore le corriger en tout ou en partie par la suite, mais au prix d’une perte sensible de qualité (n’oublions pas que le JPEG fonctionne en 8 bits !).

Le mode de rendu (standard, paysage, saturé, etc..)

La plupart des APN offrent un réglage de la qualité du rendu qui prend divers noms selon le fabriquant. Beaucoup de personnes n’y portent pas attention et le laissent au réglage de base. C’est très bien ainsi, mais ils se privent alors de possibilités supplémentaires pour bien rendre le sujet de leur photo. Seule l’expérimentation de ces divers modes vous permettra d’identifier celui ou ceux qui vous conviennent et de pouvoir l’ajuster selon le besoin du moment.

Gardez bien en tête cependant, que le mode choisi modifie de façon irrémédiable le rendu de couleur.  Je serais curieux de la réaction de votre modèle à la vue du produit fini si, par exemple, vous aviez conservé par mégarde le mode saturé de votre dernière sortie à la Ronde au moment de faire du portrait.

 

Prise de vue en format RAW

Je joins ma voix à tous ceux et celles qui le recommandent. Son grand avantage, c’est qu’il offre une souplesse de travail incomparable, tant du point de vue du rendu de la couleur que de la correction ou de l’optimisation d’une photo. Par contre, ce format est gourmand en ressources (entreposage, archivage et capacité de traitement pour n’en nommer que quelques-unes).

Un des grands avantages du format RAW, c’est qu’il met à votre disposition les données brutes enregistrée par le capteur de l’APN . De fait, nous avons alors la possibilité de modifier facilement, et sans aucune perte, une erreur de réglage à la prise de vue (espace couleur, balance des blancs, mode de rendu).

Il exige cependant de porter une attention soutenue à la gestion de la couleur.

En terminant, je vous présente mes réglages personnels.

APN (j’utilise le matériel Nikon) : enregistrement au format RAW, espace Adobe 1998, mode “camera neutre” (c’est le réglage qui offre l’affichage de l’histogramme le plus fidèle de l’exposition).

Pour le post-traitement j’utilise Lightroom, DXO Pro et Photoshop. L’espace couleur commun est réglé sur ProPhoto RGB en 16 bits. J’utilise Lightroom pour l’exportation des fichiers destinés à l’affichage et à l’impression chez un fournisseur. Pour me faciliter la vie et éviter les fausses manœuvres, je me suis créé des pré-réglages (disponibles ici).

Je préfère utiliser le format TIFF pour faire imprimer mes photos dans le commerce si celui-ci l’accepte.

J’utilise rarement ma propre imprimante, une Epson Photo Stylus R280. Lorsque je le fais, j’utilise Photoshop pour réaliser l’impression. Je me propose d’expérimenter l’utilisation de Lightroom sous peu.

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